
Savoir quels sont les présidents de la Russie permet de mieux comprendre l’évolution politique d’un pays devenu central dans les relations internationales depuis la fin de l’URSS. Depuis 1991, la Fédération de Russie n’a connu que quelques chefs d’État, mais chacun a marqué une période décisive, entre transition post-soviétique, consolidation du pouvoir présidentiel et retour au premier plan géopolitique.
La fonction de président de la Russie apparaît dans un contexte historique très particulier. En juin 1991, alors que l’Union soviétique existe encore, Boris Eltsine est élu président de la République socialiste fédérative soviétique de Russie. Quelques mois plus tard, en décembre 1991, l’URSS disparaît et la Russie devient un État indépendant. La présidence russe s’impose alors comme le centre du nouveau pouvoir politique.
La Constitution de 1993 donne au président un rôle majeur. Il nomme le Premier ministre, oriente la politique étrangère, commande les forces armées et dispose de pouvoirs importants face au Parlement. Cette architecture institutionnelle explique pourquoi les présidents russes occupent une place déterminante dans la vie politique du pays.
À la différence de régimes parlementaires plus équilibrés, le système russe repose sur une forte personnalisation du pouvoir. Pour comparer avec d’autres modèles institutionnels, la succession des chefs d’État américains est présentée dans une chronologie politique des États-Unis, où l’alternance et les limites de mandat structurent différemment la fonction présidentielle.
Depuis la naissance de la Fédération de Russie, la liste des présidents est courte. Elle comprend quatre noms si l’on distingue les personnes ayant officiellement exercé la fonction, mais seulement trois présidents élus différents depuis 1991. Vladimir Poutine a exercé plusieurs mandats non consécutifs, avec une période de présidence de Dmitri Medvedev entre 2008 et 2012.
Cette chronologie met en évidence une particularité : la Russie post-soviétique a connu une forte continuité du pouvoir depuis le début des années 2000. Les alternances y sont rares, et l’exécutif s’est progressivement renforcé autour de la présidence.
Boris Eltsine est le premier président de la Russie contemporaine. Élu en 1991, il joue un rôle central dans la fin de l’Union soviétique et dans la mise en place des institutions russes. Son mandat est associé à une période de transition brutale, marquée par le passage à l’économie de marché, les privatisations et une profonde crise sociale.
Les années Eltsine sont aussi celles d’une grande instabilité politique. En 1993, un affrontement violent oppose le président au Parlement, aboutissant à une crise constitutionnelle majeure. La nouvelle Constitution renforce ensuite les pouvoirs du chef de l’État. Cette période fonde durablement le modèle d’une présidence russe dotée de prérogatives très étendues.
Sur le plan économique, la Russie connaît une inflation élevée, un recul du niveau de vie pour une partie importante de la population et l’émergence d’oligarques influents. Boris Eltsine est réélu en 1996, mais sa popularité décline fortement à la fin des années 1990, dans un contexte de crise financière et de guerre en Tchétchénie.
Le 31 décembre 1999, Boris Eltsine annonce sa démission. Il confie la présidence par intérim à Vladimir Poutine, alors Premier ministre. Ce départ symbolise la fin de la première décennie post-soviétique et ouvre une nouvelle phase, marquée par la recherche de stabilité et de centralisation politique.
Vladimir Poutine devient président par intérim à la fin de 1999, puis remporte l’élection présidentielle de mars 2000. Ancien officier du KGB et ancien directeur du FSB, il arrive au pouvoir avec un discours centré sur le rétablissement de l’autorité de l’État, la lutte contre le séparatisme et le redressement économique.
Son premier mandat coïncide avec une période de reprise, portée notamment par la hausse des prix des hydrocarbures. L’État reprend le contrôle de secteurs stratégiques, tandis que les gouverneurs régionaux perdent une partie de leur autonomie. La présidence devient le pivot d’un système politique souvent décrit comme une verticale du pouvoir.
Réélu en 2004, Vladimir Poutine ne peut pas briguer immédiatement un troisième mandat consécutif en 2008, car la Constitution fixe alors une limite de deux mandats successifs. Il soutient Dmitri Medvedev, tout en devenant Premier ministre. Cette transition organisée maintient l’influence de Poutine au sommet de l’État.
La comparaison avec l’histoire présidentielle française montre combien les règles constitutionnelles, la durée des mandats et la pratique du pouvoir façonnent différemment la fonction de chef de l’État selon les pays.
Dmitri Medvedev est élu président en 2008. Juriste de formation, proche de Vladimir Poutine, il incarne alors une image plus technocratique et modernisatrice. Son mandat est marqué par un discours sur l’innovation, la lutte contre la corruption et la modernisation de l’économie russe.
Dans les faits, la période Medvedev reste fortement associée au tandem qu’il forme avec Vladimir Poutine, Premier ministre de 2008 à 2012. Beaucoup d’observateurs y voient une continuité du système politique construit depuis 2000. Le pouvoir exécutif demeure concentré, même si le style présidentiel paraît moins martial et davantage tourné vers la modernisation institutionnelle.
Un changement important intervient sous son mandat : la durée du mandat présidentiel passe de quatre à six ans. Cette réforme, adoptée en 2008, s’applique à partir de l’élection suivante. Elle modifie durablement le calendrier politique russe et renforce le poids de chaque élection présidentielle.
En 2011, Dmitri Medvedev annonce qu’il ne se représentera pas et soutient le retour de Vladimir Poutine à la présidence. Cette décision provoque des critiques et de grandes manifestations dans plusieurs villes russes, notamment à Moscou, sur fond de contestation des élections législatives et du fonctionnement du système politique.
Vladimir Poutine est élu à nouveau président en 2012, cette fois pour un mandat de six ans. Il est réélu en 2018, puis en 2024. Son retour au Kremlin marque une période de durcissement politique intérieur et d’affirmation extérieure plus visible, notamment dans les relations avec l’Occident.
Depuis 2012, la Russie connaît un renforcement du contrôle exercé sur les médias, les partis d’opposition et les organisations de la société civile. Les autorités justifient ces mesures par la sécurité nationale et la stabilité, tandis que de nombreux observateurs internationaux soulignent un rétrécissement de l’espace politique et des libertés publiques.
La politique étrangère occupe une place centrale dans cette période. L’annexion de la Crimée en 2014, non reconnue par une grande partie de la communauté internationale, entraîne des sanctions occidentales. L’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022 transforme encore davantage la position de la Russie sur la scène mondiale et isole le pays de nombreux partenaires européens.
En 2020, une réforme constitutionnelle permet notamment de remettre à zéro le compteur des mandats présidentiels déjà effectués par Vladimir Poutine. Cette modification ouvre la possibilité de sa présence au pouvoir jusqu’aux années 2030, ce qui confirme la place centrale du président dans le système politique russe contemporain.
Si l’on parle des personnes ayant exercé la fonction, la Russie a eu trois présidents élus différents depuis son indépendance : Boris Eltsine, Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev. Si l’on compte les périodes de mandat, Vladimir Poutine apparaît à deux moments distincts : de 2000 à 2008, puis depuis 2012.
Cette précision est importante, car la question « quels sont les présidents de la Russie ? » peut être comprise de deux façons. D’un côté, elle renvoie à la liste des noms. De l’autre, elle invite à examiner les différentes phases politiques du pays depuis 1991. Chaque président correspond à une étape : transition, stabilisation, modernisation contrôlée, puis consolidation durable du pouvoir.
La Russie actuelle reste donc marquée par une présidence très forte, héritée des choix institutionnels des années 1990 et renforcée par les évolutions politiques des décennies suivantes. Comprendre cette succession aide à saisir les continuités du pouvoir russe, mais aussi les ruptures qui ont transformé le pays depuis la fin de l’Union soviétique.
Les présidents de la Russie depuis 1991 sont peu nombreux, mais leur impact politique est considérable. Boris Eltsine a incarné la rupture avec le système soviétique et la transition chaotique vers un nouvel État. Vladimir Poutine a profondément remodelé les institutions et la place de la Russie dans le monde. Dmitri Medvedev a représenté une parenthèse présidentielle, tout en s’inscrivant dans la continuité du pouvoir poutinien.
La présidence russe se distingue par sa stabilité apparente, mais aussi par une forte concentration des responsabilités au sommet de l’État. Pour comprendre la Russie contemporaine, il est donc essentiel de suivre non seulement la liste des présidents, mais aussi les règles constitutionnelles, les équilibres politiques et les choix stratégiques qui ont façonné chaque mandat.